La TVA sur les loyers commerciaux obéit à une logique simple en apparence, mais les cas particuliers sont nombreux. En France, la location d’un local professionnel ou commercial n’est pas taxée à la TVA par nature, sauf lorsque la nature du bien, son aménagement ou une option du bailleur modifie le régime applicable. Pour éviter les erreurs de facturation et les litiges, il faut distinguer soigneusement location nue, local aménagé, option à la TVA et franchise en base.
En résumé :
La taxation dépend avant tout de l’état du bien et d’un choix formalisé, ce qui vous permet soit de récupérer la TVA sur les charges et travaux, soit d’éviter des facturations contestées.
- Vérifiez la nature du bien : un local aménagé est en général soumis à la TVA (taux de 20 %), tandis qu’un local nu ou un terrain non aménagé est exonéré par défaut.
- Pour un local nu, formalisez l’option à la TVA par une demande écrite au service des impôts et une clause explicite dans le bail, afin d’éviter tout risque de remboursement ultérieur.
- Analysez la situation du preneur : la récupération de la TVA par le locataire (droit à déduction) conditionne souvent l’intérêt économique de l’option.
- Contrôlez le régime du bailleur : la franchise en base (seuil de 85 800 € en 2023) empêche la facturation et la récupération de la TVA et modifie le traitement comptable des loyers.
Règles générales de la TVA sur les loyers commerciaux
Le principe de départ est clair, un local commercial ou professionnel n’est pas automatiquement soumis à la TVA. La fiscalité dépend surtout de l’état du bien loué et de son usage. Dans les faits, un bail portant sur des locaux nus est souvent exonéré, tandis qu’un local équipé peut entrer dans le champ de la taxe.
Cette distinction repose sur des critères concrets. Il faut regarder si le local est vide ou s’il comprend des meubles, du matériel, des installations ou un aménagement nécessaire à l’activité. L’usage compte aussi, car les règles ne sont pas les mêmes selon qu’il s’agit d’une activité professionnelle, commerciale, d’hébergement ou d’un autre usage spécifique. Pour compléter ces informations, consultez ADG Location.
Locaux nus à usage professionnel et exonération
Pour les locaux nus à usage professionnel, l’article 261 D du CGI prévoit une exonération de TVA. Autrement dit, le loyer est encaissé hors TVA par défaut. Cette règle concerne la location d’un bien qui n’est pas meublé et qui n’est pas équipé pour l’exploitation de l’activité du preneur.
Cette exonération a une conséquence directe sur la TVA supportée par le bailleur. En l’absence de taxe collectée sur les loyers, il ne peut pas, en principe, récupérer la TVA afférente aux dépenses liées à l’immeuble. La dépense d’entretien, de travaux ou d’équipement reste donc grevée de TVA, sans mécanisme de déduction sur ces loyers exonérés.
Locaux aménagés et terrains non aménagés
À l’inverse, la location de locaux aménagés est en principe soumise à la TVA. On parle ici de locaux équipés de mobilier, de matériel ou d’installations indispensables à l’activité. Dans ce cas, la location se rapproche d’une prestation plus large qu’une simple mise à disposition d’espace vide.
La location de terrains non aménagés reste, elle aussi, exonérée de TVA par défaut. Là encore, la règle générale dépend de la configuration concrète du bien. Il faut donc analyser séparément le terrain nu, le local nu, le local équipé et les situations intermédiaires, car la taxation ne suit pas toujours le même traitement.
Taux de TVA applicables aux loyers commerciaux
Quand la location entre dans le champ de la TVA, le taux normal de 20 % s’applique le plus souvent. Le bailleur doit alors facturer la taxe sur chaque loyer, puis la reverser à l’administration. Pour le locataire, cette TVA peut être récupérable s’il est lui-même assujetti et s’il remplit les conditions de déduction.
Certains régimes particuliers ouvrent toutefois droit à des taux réduits. Ils concernent surtout des activités d’hébergement spécifiques, avec des règles distinctes de celles des baux commerciaux classiques. Le bon taux dépend donc du type de local, mais aussi de l’opération réellement facturée.
Le tableau ci-dessous résume les situations les plus courantes.
| Situation | Régime de TVA | Taux applicable |
|---|---|---|
| Local commercial ou professionnel aménagé | Soumis à TVA | 20 % |
| Local nu à usage professionnel | Exonéré par défaut | Aucun, sauf option |
| Terrain non aménagé | Exonéré par défaut | Aucun, sauf cas particuliers |
| Certains hébergements spécifiques, comme des campings ou l’hébergement social | Régime réduit | 10 % |
| Certaines locations meublées à caractère social | Régime réduit | 5,5 % |
Dans tous les cas, il faut retenir une idée simple, le taux de 20 % est la référence dès lors que la location est soumise à TVA. Les taux réduits ne jouent que dans des hypothèses limitées, qui ne se confondent pas avec la location commerciale classique.
Application de la TVA sur option pour les locaux nus
Pour les locaux nus, la TVA ne s’applique pas automatiquement. Elle peut être choisie, mais seulement sur option. Cette option change profondément le traitement fiscal du bail, car le loyer devient alors taxable au taux normal. Le mécanisme est volontaire et doit être formalisé avec rigueur.
Depuis le 1er janvier 2019, cette possibilité vise la location de biens immobiliers utilisés à des fins professionnelles, sous conditions. En pratique, il ne suffit pas que le local serve à une activité économique, il faut aussi que les parties soient alignées sur ce choix fiscal.

Demande écrite et conditions de validité
Le bailleur doit adresser une demande écrite au service des impôts des entreprises pour opter pour la TVA. Cette formalité permet de matérialiser le changement de régime et d’éviter toute ambiguïté sur la facturation des loyers. Une simple volonté verbale ne suffit pas.
Pour être valable, l’option suppose plusieurs conditions. Le locataire doit être assujetti à la TVA, le local doit servir à une activité économique et l’option doit être conjointe entre bailleur et preneur. Lorsqu’elle est correctement mise en place, elle s’applique pendant toute la durée du contrat, sur les bâtiments ou fractions de bâtiment économiquement indépendantes.
Effets fiscaux de l’option
Une fois l’option valable, le loyer devient soumis à la TVA au taux normal de 20 %. Le bailleur facture alors la taxe sur chaque échéance, ce qui peut permettre, dans certains cas, de récupérer la TVA sur les charges et travaux liés à l’immeuble. C’est souvent l’un des intérêts majeurs de l’option pour les propriétaires.
Mais ce choix doit être cohérent avec la situation du preneur. Si le locataire ne peut pas déduire la TVA, l’impact économique du bail peut être plus lourd. Il faut donc raisonner à la fois en fiscalité et en équilibre contractuel, car une option mal calibrée crée vite des tensions entre les parties.
Cas de franchise en base de TVA et autres exonérations
La TVA sur les loyers dépend aussi du statut du bailleur. Lorsqu’il bénéficie de la franchise en base de TVA, il n’est pas redevable de la taxe sur les loyers perçus. Une source interne cite un seuil de chiffre d’affaires inférieur à 85 800 € en 2023 pour ce régime, ce qui dispense le bailleur de facturer la TVA.
Pour une réflexion complémentaire sur les choix d’investissement, notamment entre l’argent et l’or, consultez pourquoi l’argent aujourd’hui est plus abordable que l’or.
Cette situation s’applique quel que soit le statut du bailleur lorsque la location porte sur des locaux nus ou des terrains non aménagés. Dans ces cas, l’absence de TVA n’est pas le résultat d’un choix contractuel, mais d’un régime fiscal de fait. Le bailleur ne collecte pas la taxe et ne peut pas non plus en tirer de droit à déduction sur les dépenses liées à l’immeuble.
La différence avec l’option volontaire mérite d’être bien comprise. Dans un cas, la TVA est absente parce que le régime du bailleur l’exclut ou parce que la location est exonérée. Dans l’autre, la TVA est appliquée par décision formalisée des parties, ce qui modifie la facture, la récupération possible de taxe et la gestion comptable du dossier.
Points de vigilance lors de la mise en place de la TVA sur les loyers
La mise en œuvre de la TVA ne doit jamais être improvisée. Un point attire particulièrement l’attention, l’option doit figurer par écrit dans le bail. Même si le locataire est assujetti à la TVA, l’absence de mention claire peut empêcher l’application de la taxe sur les loyers. Une clause explicite reste donc la meilleure protection des deux parties.
Si le contrat ne mentionne pas l’option, la TVA ne peut pas être appliquée de manière sécurisée. Il faut alors régulariser la situation par un avenant. Sans cette formalisation, le bailleur s’expose à une contestation du preneur, voire à une demande de remboursement des sommes versées à tort.
Cette exigence a été rappelée par une décision de la Cour de cassation du 12 septembre 2024. Dans cette affaire, le preneur a pu obtenir le remboursement de la TVA indûment versée, faute pour le bailleur de prouver l’existence d’une option valable. Le message est net, la charge de la preuve repose sur le bailleur.
En pratique, il faut donc vérifier trois points avant toute facturation de TVA sur un loyer commercial, la nature du local, la qualité du locataire au regard de la TVA et la présence d’une clause écrite régulière. Cette vérification limite les risques de redressement, de remboursement ultérieur et de litige contractuel.
Au fond, la TVA sur les loyers commerciaux se joue sur une combinaison de critères simples à énoncer, mais qu’il faut documenter avec soin. Entre exonération par défaut, option sur les locaux nus et taxation des locaux aménagés, la bonne lecture du bail reste le meilleur moyen d’éviter les erreurs.
